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Du Danemark à l’Islande : Une traversée nordique à bord du Norröna

Il ne nous aura pas fallu longtemps pour se mettre d’accord sur notre moyen de transport pour se rendre en Islande.

Ce sera un road-boat trip.

Notre soif d’aventure, notre envie de faire les choses différemment, notre quête de paysages pures et sauvages et notre amour pour la nature nous ont certainement amenés à embarquer à bord du Norröna avec la compagnie Smyril Line.


Après 1900 km de voiture et cinq pays traversés, nous voilà à Hirtshals, un port au nord-ouest du Danemark. C’est ici que le ferry nous attend _ nous, les autres passagers et les marchandises. Seul le conducteur de la voiture peut rester dans le véhicule. Les passagers sont amenés en navette jusqu’au terminal du ferry pour vérification des tickets.

Il ne fait vraiment pas très chaud. Je suis emmitouflée dans mon gros manteau fourré, sac sur le dos, l’esprit pensif. Autour de moi, on parle danois ou islandais. Je ne comprends absolument rien, je souris.

Il est l’heure d’embarquer. Je retrouve François près d’un escalier. Neuf étages composent ce ferry. C’est bien, on aura de quoi visiter. Nous installons nos affaires au sein de notre cabine dans laquelle nous passerons trois nuits _ étage 6 chambre 215. Je sors mon carnet de voyage pour y écrire la première page de cette nouvelle aventure.

En ce qui concerne les repas, nous avons réservé deux dîners chauds pour les deux derniers soirs à la cafétéria. Pour les autres, on piochera dans notre garde-manger.

La nuit tombe. Nous entamons notre première soirée à bord du Norröna. Il faut monter jusqu’au 8ème étage pour accéder au pont extérieur. Les étoiles illuminent le ciel. Le passage du bateau créé des vaguelettes. Le bruit est agréable. Il ne fait pas si froid. Je dirais même moins froid qu’à Hirtshals. Nous longeons les côtes norvégiennes. La mer est calme.

C’est incroyable d’être ici. Les émotions, ça fatiguent, alors je me glisse sous ma couette. Bercée par les mouvements de la mer, il ne me faudra que quelques minutes pour m’endormir.

Le jour se lève, j’entrouvre doucement les paupières et regarde au travers du hublot. On aperçoit l’infini. C’est au lit que nous prenons notre petit déjeuner, au delà du 60° parallèle nord. Nous partons voir où nous en sommes exactement sur la carte.

Ce n’est ni le moment, ni l’endroit, mais je crois que les mouvements du bateau ne me réussissent pas. Disons que je préfère être à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur. Un bon bol d’air frais toutes les heures devient nécessaire. Nous sommes à mi-chemin entre le Danemark et les îles Féroé. D’ailleurs, le bateau va devoir s’y arrêter plusieurs heures demain matin ce qui nous laissera le temps d’aller visiter Tórshavn, le port d’arrivée.

Après quelques parties de jeux vidéo, il est temps d’aller dîner. Nous sommes les derniers à demander notre repas. Les habitants des pays nordiques ont tendance à manger plus tôt que nous, français. C’est un buffet, au plus grand bonheur de notre estomac. Poisson au menu. Il fallait sans douter. On se régale ! La prochaine fois on viendra plus vite afin de pouvoir se resservir une seconde fois.

C’est toujours bercée par le mouvement de la mer que je m’endors blottie sous la couette.

Rêve ou réalité ?

Il est 10 h, le bateau est à l’arrêt. J’aperçois de jolies maisons colorées aux toits en tourbes au travers du hublot. Je me frotte les yeux à deux reprises et réalise que nous venons d’arriver aux îles Féroé. Cet archipel appartient au Danemark. 50 000 personnes vivent ici. J’ai comme l’impression d’être au bout du monde. Nous enfilons vite nos vêtements et nous dirigeons main dans la main vers la sortie. Nous posons les pieds à terre et allons à la découverte de ce joli port d’arrivée. La ville est surprenante. Les maisons sont parfois noires, parfois bleues, ou rouges. Ce ne sont ni des tuiles, ni des ardoises qui composent leur toit, mais bien de la tourbe. Certaines auraient d’ailleurs besoin d’une petite coupe de cheveux ! Nous arpentons les ruelles, ébahis par ce que nous voyons. C’est tellement mignon. Un peu plus loin, des enfants jouent dans la rue. Calme, sérénité, confiance, voilà ce que cette ville nous inspire.

Les îles Féroé

 

Les maisons aux toits en tourbe – Tórshavn

Nous remontons à bord du Norröna sans vraiment savoir ce qui nous attend. Nous ne sommes plus que quelques passagers. C’est du 8ème étage que nous assistons au départ. Au lieu de faire le tour de l’archipel comme prévu, le capitaine du bateau et son équipage décident de passer au beau milieu des fjords.

C’est cheveux au vent que nous admirons la beauté de la nature qui nous entoure. Je n’arrête jamais de shooter. Le déclenchement de mon appareil photo devient mélodique. Des falaises abruptes surmontées de petits nuages sont alignés de part et d’autre de la mer. Le soleil et ses lumières viennent égayer le tout. C’est fantastique. Féérique. Un jour, nous reviendrons sillonner ces terres sauvages. Merci capitaine pour ce moment intense que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

« Un jour, nous reviendrons sillonner ces terres sauvages »
Une traversée féérique au beau milieu des fjords des îles Féroé

Le soleil se couche et la nuit commence à tomber.

Ce soir, nous dînons à la cafétéria. Au menu, pavé de saumon, riz et petits légumes. Nous nous installons non loin d’un groupe de quatre voyageurs, pour déguster notre repas. Nous entendant parler français, ils n’hésitent pas à nous demander d’où nous venons en France. Au fur et à mesure de la discussion, nous comprenons (bien qu’on s’en doutait un peu à la vue de leur tenue vestimentaire) que ce sont des moines en pèlerinage. Sympathiques et plutôt amusants, nous restons un bon moment discuter avec eux tout en les regardant trinquer au whisky.
Cette nuit, c’est la dernière nuit que nous passerons à bord du Norröna.

La mer est agitée, il en vient même difficile de marcher dans le couloir menant à notre cabine sans se prendre un mur. Allongé, la sensation n’est pas si désagréable. Je ferme alors les yeux pour ne les rouvrir que le lendemain matin.

Au réveil, nous apercevons les côtes islandaises. Nous y voilà, belle Islande. Il est temps de quitter notre cabine 215 et de rejoindre notre voiture au parking. La grande porte se lève, nous démarrons le moteur et quittons le bateau dans lequel nous venons de passer 3 jours/3 nuits. Une dernière étape nous attend avant de pouvoir sillonner les routes islandaises : le passage de la douane. Chaque voiture est contrôlée dans un hangar par une équipe de douaniers. C’est à notre tour. On nous pose quelques questions sur notre venue en Islande, nous répondons avec le sourire. C’est alors qu’un jeune chien au poil noir saute dans notre voiture. Il renifle chaque recoin. On apprendra ensuite qu’il est en plein apprentissage. C’est avec des traces de pattes sur notre matelas que nous repartons, heureux, émus par le périple que nous venons de réaliser et excités à l’idée de s’installer en Islande.

Quelques kilomètres plus tard, la magie opère déjà…

Islande – Terre de feu et de glace

Informations pratiques :

Le prix de la traversée (novembre 2018) est de 495 euros pour une voiture et deux personnes en cabine double 3 jours / 3 nuits. Lors de la réservation des tickets, il est possible de commander des repas en avance (petit déjeuner, déjeuner, dîner). Il y a différentes gammes de prix. Je vous invite à visiter le site web de la compagnie pour avoir une idée des différents types de chambres à bord, des repas, et autres facilités. http://www.smyrilline.fr/

En hiver la compagnie propose un trajet vers les îles Féroé et l’Islande depuis le Danemark (et inversement), une fois par semaine_ Smyril Line étant la seule compagnie de ferry en Europe à effectuer ce trajet et à se rendre en Islande.

 

** Du Voyage @ l’Assiette **

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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